lundi 1 février 2016

Un défi ou un écrit #5 - Parlons fantasmes





Depuis le début de l'année, Agoaye nous propose des rendez-vous réguliers d'écriture autour de thèmes divers et variés. Dans certains cas, le thème demande de relever des défis personnels qu'on s'efforcera à mettre en mots afin d'en partager son expérience, dans d'autres cas, on peut simplement choisir le thème d'écriture proposé.

Cette semaine, j'ai choisi de traiter le thème d'écriture. Deux bonnes raisons à cela : je ne suis pas motivé à fouiller ma mémoire à la recherche des rares bons mots qu'on m'aura adressé, et étant un individu humain mâle, je thème écrit sera forcément plus facile à remplir.


Alors : Parlons fantasmes !


Les petites filles se rêvent princesses, et les petits garçons chevaliers. Ou si ce n'est pas ça, ça y ressemble. Il n'en reste pas moins vrai que chaque être humain, depuis sa plus tendre enfance, se rêve extrêmement doué dans un ou plusieurs domaines. Moi, toi, vous, eux, chacun de nous, fantasme en permanence sur celui qu'il aimerait être ou ce qu'il aimerait faire s'il n'était inhibé par son éducation et les convenances, ou limité par les durent lois de la nature et de la génétique.

Selon les situations, il m'arrive encore de fantasmer les différentes aptitudes que j'aimerais avoir, les vies parfaites auxquelles j'aspire. Serais-je seulement capable de les vivre par moi-même ou devrais-je trouver une ou plusieurs autres personnes pour m'aider dans ces voies ? Serait-il seulement possible de concrétiser mes fantasmes sans risquer de perdre gros à côté ? Et que ferais-je si je trouvais que cette nouvelle façon de vivre me plait vraiment, que ce n'était pas qu'une envie pour voir ? Enfin, si je ne devais choisir qu'un seul fantasme, quel serait-il ?

Je vais tenter de répondre rapidement à ces questions ici. Je me garderai mes réflexions complémentaires pour moi et ma vie psychique, histoire de combler les nuits d'insomnies.

-          Serait-il possible que je vive mes fantasmes par moi-même ou ai-je besoin des autres pour les réaliser ?

Je pense que si je vis la plupart de mes fantasmes, je ne peux m'en prendre qu'à moi.

Je suis seul à pouvoir trouver la volonté d'investir un peu de temps et d'argent pour apprendre à jouer de la musique.
Je suis seul à ne pas oser m'inscrire sur des castings de figuration (ou plus) pour assouvir mon envie de jouer la comédie.
Je suis seul responsable de mon immobilisme quand il s'agit d'aller courir trois fois par semaines pour me sentir à l'aise dans mon corps et progresser dans les classements des compétitions auxquelles je participe.

D'autres fantasmes, comme les fantasmes sexuels, sont plus compliqués à maintenir à l'état de douces rêveries, car ils ne satisfont pas que l'esprit, mais aussi le corps. Et quand ce dernier réclame, il est très difficile, voire impossible de ne pas lui donner satisfaction. Mais il n'est pas toujours facile de réaliser de tels fantasmes, bien trop souvent "fantaisistes" pour être demandés au partenaire, et on trompe le corps par la force de notre imagination (ou d'une vidéo dénichée sur Internet) et une caresse bienveillante, mais néanmoins suffisamment appuyée, envers lui.
Ce qui est perturbant, c'est que les fantasmes sexuels sont parmi ceux qu'on assouvit le plus souvent par la force de la s(t)imulation, dans le secret de nos pensées, alors qu'ils sont aussi ceux qu'on rêve le plus de partager. Mais on n'ose pas s'exprimer.
Depuis qu'ils se sont révélés à moi, j'ai trouvé des moyens solitaires de satisfaire mon corps lorsqu'il me réclame ces pratiques qui l'émoustillent particulièrement. Dans l'absolu, je n'ai donc besoin de personne pour les vivre, même si cela se fait de manière détournée. Mais je dois bien avouer que j'espère de tout mon être pouvoir un jour les réaliser à deux.


-          Mais serait-il seulement possible de concrétiser ces fantasmes sans risquer de perdre plus que ce qu'il y a à gagner ?

Je répondrais à cette question : oui, mais ce n'est pas donné à tout le monde.

Je n'ai pas encore à ce jour assouvi mes plus forts fantasmes sexuels avec une partenaire. Certains, mais pas les plus forts. Grâce à une bonne communication (et une extraordinaire ouverture d'esprit), j'ai déjà pu réaliser quelques unes de mes envies intimes avec ma femme, qui a su m'écouter, sans doute me comprendre (ou au moins "faire avec"), et me faire le plaisir de m'accompagner quelques fois. Car elle sait tout de moi, y compris mes fantasmes sexuels. Cependant, certains d'entre eux vont trop loin pour elle. Pour ceux là, j'ai souvent cherché en cachette une partenaire extérieure à mon couple. Et comme tout homme, je n'ai pas su effacer correctement mes errements. J'ai failli perdre ma femme, et aussi sans doute nos enfants qu'elle aurait emmenés avec elle.
Concrétiser ses fantasmes à tout prix comporte des risques. Mais quitte à prendre des risques, on en prend moins à les demander à la personne qu'on aime qu'à vouloir les chercher ailleurs. Au pire, le conjoint te trouve taré et n'envisage plus sa vie avec toi, au mieux il s'avère que tu es déjà en couple avec quelqu'un qui aime ou découvre qu'il aime tes excentricités, à défaut, chacun fait des concessions et vous trouvez un terrain d'entente.

Concrétiser ses fantasmes est très compliqué, car il est compliqué de trouver quelqu'un qui ait les mêmes. Mais il est facile de se parler. Et rien que ça, ça apporte beaucoup dans la sérénité d'un couple. Moi, ça m'a permis de répondre à la question suivante :

-          Si je pouvais assouvir mes fantasmes sans contraintes, et qu'il s'avérait que cette vie m'enchante, que ferais-je ?

Et bien, tant que j'étais célibataire, si j'avais eu une partenaire qui me convenait au quotidien, et qui en plus partageait mes envies, je dois reconnaitre que j'aurais tout fait pour la garder. Une telle relation aurait débuté "pour réaliser fantasme commun", et aurait pu finir en "plus si affinités". Parce que j'ai toujours pensé qu'il fallait des affinités pour vivre en couple, mais pas forcément pour coucher ensemble, et que les petites annonces sont trop souvent écrites à l'envers.
Mais je n'ai jamais trouvé une telle femme, ou si c'est le cas, et bien j'ai une amie aussi perverse que moi et je n'en sais rien. Par contre, j'ai trouvé Ma femme. Elle ne partage pas mes jeux, elle est donc parfaite pour moi. Elle me connait par cœur, elle sait comment me calmer d'un sourire, me remettre à ma place d'un mot, nous nous comprenons à demi-mots, nous avons les mêmes réflexions aux même moments, et surtout, je l'ai dis il y a quelques mots : elle n'a pas mes fantasmes. Ainsi, elle me maintient à flot de la marée des gens. Sans elle, j'aurais coulé dans les tréfonds de mes perversions et y serait resté. Elle est la force morale qui m'aurait manqué un jour.

Alors, si un jour je trouvais quelqu'un avec qui partager mes jeux ? Et bien ce ne serait que quelqu'un avec qui partager mes jeux. Je ne suis plus ce célibataire disponible. J'ai choisi celle avec qui je dors le soir, celle avec qui je partage un toit, des repas. J'ai choisi ma famille. Si je trouve une partenaire de fantasme, aussi formidable soit-elle, elle ne sera qu'une maitresse.


-          Alors si je ne devais avoir qu'un fantasme ?

Je rêve plus que tout de pouvoir m'occuper de ma famille sans contraintes. Ne pas me poser de question sur l'endroit où on va dormir, sur ce qu'on va manger, sur le prochain lieu de nos vacances, sur le sport que les enfants voudront faire. Je ne cherche pas à être riche. Je ne cherche pas à avoir une profusion d'argent pour m'offrir tout ce qu'un riche doit avoir. Je ne rêve pas de posséder mon propre jet, mon yacht, ma rolls et mon chauffeur. Je rêve plus simplement de pouvoir faire les courses sans avoir besoin de regarder le prix sur l'étiquette. Besoin d'une nouvelle voiture ? Je prends celle dont j'ai besoin, ni plus, ni moins. Envie d'un restau ? Tiens, celui là à l'air bien, un jour kebab, un jour Bocuse, peu importe.

Je ne rêve pas du compte en banque à 6 ou 9 zéros. Je rêve d'un compte en banque à zéro. Mais que zéro. Pas de gros chiffre positif dessus, mais jamais de chiffre négatif non plus. Quand je dois payer, je sors la CB, et ça passe. Le type reçoit ses sous, moi je reste à zéro, rien à foutre, j'ai un compte en banque magique, l'argent arrive juste pour payer le commerçant, il est content.

Et je peux même aller retirer de temps en temps du liquide pour aller acheter une baguette, me boire une bière avec les collègues, ou aller rejoindre une maitresse, parce que merde alors, je reste un mec quoi, alors le sexe d'abord !

lundi 18 janvier 2016

Un défi ou un écrit #3 - Dire qu'on aime



 


Sur un projet de Agoaye : Ce que j'aime en moi.


Je suis quelqu'un de réservé. Quelqu'un qui a appris, à un moment de sa vie, qu'il ne fallait pas montrer ses qualités. Alors faire une liste de tout ce que j'aime en moi n'a rien de naturel pour moi qui n'ai jamais su mettre en avant ce qu'il y a de bien en lui.

Je suis quelqu'un de réservé. La faute à un professeur des écoles qui avait indiqué sur un carnet scolaire "G. ne doit pas trop montrer son intelligence, cela perturbe les autres élèves" ou un truc dans ce genre là, j'ai la flemme d'aller ouvrir mes archives pour vérifier l'exactitude de ces mots. Venant d'un prof que le gosse de 8 ans que j'étais adorait, ça m'a fait mal. Je n'ai plus jamais été par la suite celui qui levait le doigt pour donner la réponse qu'il connaissait. Plus jamais je n'ai été le petit garçon qui se portait volontaire à l'appel de ses professeurs pour résoudre un petit problème au tableau. Jamais plus je n'ai été celui qui donne son avis et défend ses idées. Je jamais celui plus été n'ai qui dévoilait ce qu'il avait en tête, puisque "cela perturbe les autres". Depuis ces mots trop forts pour ma jeune personnalité, je suis quelqu'un de réservé. Puisque mes connaissances, mes raisonnements, mes réponses aux problèmes perturbent les autres, et bien je me les garde. Que ces autres fassent comme ils veulent, je ferai comme je veux de mon coté, en silence. Cet état d'esprit m'a sans doute empêché de franchir certaines portes, soit parce que je n'osais pas revendiquer que j'avais ma place de l'autre coté, ou parce que personne ne m'invitait à les pousser. Tant pis. Je ne souhaite pas m'écrire dans le passé pour me prévenir de ne pas laisser tomber. L'enfant que j'étais ne comprendrait pas l'état d'esprit de l'homme que je suis maintenant.

Je suis donc quelqu'un de réservé, qui ne se met jamais en avant. Mais ce n'est pas parce que je ne dis rien lors des séances de groupe que je n'ai pas mes idées sur les questions. Si je me tais, c'est parce que ma vision des choses est bien souvent très différente de ce qui ce fait habituellement et que je n'ai pas envie de devoir justifier mes propositions en développant mes raisonnements qui ne trouveraient que rarement d'échos chez mes contemporains. Mais je sais que mes idées sont bonnes et qu'elles valent la peine d'être essayées.

Car si ce professeur a tué en moi la flamme qui ne demandait qu'à devenir brasier, il n'a pas détruit ma confiance en moi, bien au contraire. Ce n'est pas toujours facile à vivre, pour moi ou pour mon entourage, car quand j'ai une idée en tête, je sais qu'elle est bonne et je tiens absolument à l'appliquer. Quand j'ai une idée en tête, je VEUX la mettre en œuvre, lui donner corps. Quand j'ai une idée en tête, ceux qui pensent qu'elle ne peut aboutir doivent me fournir de bons arguments pour me dissuader de la concrétiser. Sans cela, seule mon expérimentation pourra me convaincre, non pas que j'ai échoué, mais que je n'ai pas poussé mes réflexions assez loin, que j'ai été trop pressé, trop impatient. Une tentative ratée n'est qu'un pas de plus vers une nouvelle méthode, vers un nouvel essai, puis un jour vers la réussite. Et quand bien même le problème me resterait insoluble, il ne le serait que par ma frustration de passer trop de temps sur ce que je pressens pourtant si simple, à ma portée, et je m'en détournerais, faute de vouloir prendre le temps de retourner sur les bancs de l'école pour acquérir les connaissances qui me manquent alors. J'irai chercher un autre problème à résoudre, un nouveau challenge pour mes neurones.

Je suis quelqu'un de réservé. La liste de tout ce que j'aime en moi va donc être courte.

J'aime en moi mon intelligence, pas la meilleure, mais une intelligence quand même efficace et qui aime travailler. J'aime réfléchir, examiner, comprendre, puis maitriser, développer, innover. Le négatif est que j'ai parfois du mal à faire simple, et que justement, je ne trouve pas une solution à un problème qu'un bon sens enfantin résoudra en quelques secondes.

J'aime ma confiance en moi. Elle me permet de ne pas craindre d'être dépassé par mes propres idées et réflexions, et surtout, de les assumer comme étant bien les miennes. Le négatif est que je suis naturellement stressé. Sans anxiété, mon corps est constamment sur le qui-vive (à chaque vaccination, on me demande de me détendre, car les docs me trouvent anormalement tendu en me prenant l'épaule – et ce n'est pas la piqûre qui me fait peur), nerveux, et j'ai énormément de mal à me laisser aller, à lâcher prise, à confier le contrôle à quelqu'un d'autre. Je passe facilement pour un sale con qui ne sait pas se détendre.

Mais j'aime aussi mes yeux. Alors, en fermant ma gueule et avec quelques verres d'alcool (pour moi ou pour la personne en face, au choix), il m'arrive parfois de passer pour quelqu'un de bien et d'être supportable.

mercredi 6 janvier 2016

Un défi ou un écrit #1 - Ma p’tite liste pour 2016

 


Thème "écrit Semaine 1" (sur un projet de Agoaye)


Cette semaine, il est hors de question pour moi d’envoyer mes vœux à toute une flopée de gens qui n’a de famille que l’arbre généalogique.
Si je commence à mettre par écrit tout ce que j’aurais envie de dire à telle ou telle personne, je me connais, je finirai par tout supprimer parce que je deviens trop méchant ou ne réussirai pas à être assez gentil (quoi que cet article de l'été 2013 aurait répondu au défi, mais il n'a pas la nouveauté requise).
Enfin, si je n’ai pas répondu à un courrier quelconque depuis plus d’un mois, c’est que je n’ai rien à y répondre.
Bref (oui, bref, malgré ces lignes déjà écrites – mais si vous ne me connaissez pas, allez lire les autres articles de mon petit blog, j’écris rarement, mais longuement), bref, disais-je, les défis de la semaine ne m’inspirent pas. J’ai donc pris mon courage et ai récupérer dans un vieux coffre poussiéreux mon équipement de spéléologue afin d’aller chercher dans les tréfonds de mes neurones un petit morceau de motivation pour me (re)mettre à écrire "un peu".

Sans savoir que je serai amené à la publier, et pour votre plus grand malheur la commenter, j'avais déjà élaboré ma p'tite liste pour 2016. Puis je l'ai déchirée. Puis j'en ai refaite une, que j'ai froissée. La suivante n'a pas eu d'existence réelle, puisque faite sur une note de mon téléphone, je ne l'ai même pas sauvegardée en fermant l'application. J'ignore ce que sont devenues les quatrième et cinquième listes, mais l'une des deux doit encore trainer dans une marge d'un magazine d'une salle d'attente. La sixième, enfin, je l'ai sous les yeux, et je tente de la déchiffrer, car ma propre écriture est un mystère pour moi. Je vais la recopier ici pour respecter la consigne d'Agoaye. La scanner n'aurait aucun intérêt, du moins tant que le thème n'est pas "hiéroglyphes".

Voici donc (tadadam – bruit de petites trompettes) :

Ma P'tite Liste Pour 2016, écrite et commentée par LeMâle, avec un accent circonflexe et sans espace (les numéros ne portent aucune notion de priorité, juste une quantité)

1 : Suivre des cours de musique.
J'ai toujours eu le fantasme de maîtriser une de ces bêtes sauvages qu'on nomme "instrument de musique". Depuis environ 5 ans, je possède une basse qui, faute de courage pour m'y adonner seul avec un cahier d'apprentissage, dort environ 363 jours sur 365. Les tarifs pratiqués m'ont aussi longtemps empêché de m'inscrire à des cours. Mais j'ai appris que certaines communes possèdent leurs propres harmonie ou conservatoire local et que les prix sont en général bien plus abordables. Et miracle ! Dans ma ville actuelle, un conservatoire propose des cours de basse. Je me suis retrouvé la première fois devant des locaux vides, mais j'y ai récupéré les coordonnées. A priori, je devrais attendre la prochaine rentrée en septembre pour débuter un cycle, mais je vais confirmer cela dès que j'ai du temps pendant les heures d'ouverture.

2 : Aller au moins 5 fois au cinéma dans l'année.
J'adore aller au cinéma. Mais j'aime aussi beaucoup être présent à la maison quand je ne travaille pas ou que je ne suis pas parti en weekend avec mon club de sport. Et comme je suis du genre à vouloir profiter du film, je préfère me rendre dans des salles bien équipées, bon son, belle image, confort et tout et tout. Dans ma ville actuelle, il y a un conservatoire, et il y a aussi un cinéma (enfin, une salle de cinéma). Cependant, l'aspect extérieur de la salle ne me fait pas envie, et la programmation affichée non plus. Donc, quand je veux me faire un film, d'une part, je choisi un film qui mérite le grand écran (une comédie sera toujours aussi drôle/nulle à la télé, si toutefois elle est drôle/nulle), et donc d'autre part je me rends à la vraie ville d'à-côté, à trente minutes de train, et la prochaine fois à trente minutes de plus de bus/tram, car je veux filer sur un multiplexe un peu éloigné de la gare (le cinéma où je me rends est bien, sauf le confort des fauteuils, pas moyen de se poser la tête, j'aime pas trop), pour trouver une salle digne du plaisir que je veux retirer à me vider la tête. Le Cinéma, donc, pour moi qui y allait quasiment tous les jours il y a 10 ans, est devenue une rareté qui me manque. D'où cette volonté de m'en faire au moins 5 cette année.

3 : Emmener mon fils au moins 2 fois à Paris.
Il adore Paris, parce qu'on peut aller voir la Tour Eiffel en vrai. Et même monter dedans. J'ai la chance de pouvoir rejoindre la capitale en moins de 2 heures depuis la fermeture de la braguette après le pipi du départ, et de rentrer avant la nuit, alors je vais en profiter pour lui nous faire plaisir.

4 : Garder tout seul mes enfants au moins 3 fois dans l'année.
Ça, ce n'est pas ma résolution pour tester mon courage de papa à assumer sa marmaille, mais ma volonté de permettre à leur maman de s'offrir des breaks d'un weekend ou plus à ne penser qu'à elle, à ne pas se soucier de nous, à ne pas être réveillée par autre chose que son rythme naturel, … enfin, voilà, vous pouvez imaginer tout ce que vous pourriez faire le temps d'un célibat retrouvé, je lui offrirai ça, au moins trois fois cette année.

5 : Placer sur les comptes d'épargnes entre 1/4 et 1/3 de mes revenus.
Et se renseigner en parallèle sur les différentes possibilités de financement pour un achat immobilier l'an prochain ou le suivant.

6 : Convaincre ma femme de m'aider dans ma résolution n°7.

7 : Réaliser un max de mes fantasmes sexuels.
Parce que je suis et resterai cette année encore LeMâle.

Bonne année à toutes z'et tous ! Et bon courage dans la tenue de votre propre petite liste (autres publications liées au projet disponibles sur : le projet d'Agoaye)

vendredi 2 janvier 2015

Il y a 20 ans et quelques (rétrospective 1994-2014)

- 1994, je passais mon BAC (Je l'ai obtenu sans mention, j'ai du avoir 11,75 ou un peu moins, moyenne plombée par des notes entre 4 et 7 en Français, Histoire-G et Philo). Les finances familiales ne m'ont pas donné accès à un internat pour poursuivre mes études. De toute manièred'entretiensis pas dans quel domaine j'aurai voulu continuer. Cette même année, j'ai eu mon permis, récompense pour la réussite au BAC.

Il y a 20 ans aussi, mais un peu moins :
- 1995, j'ai tenté le concours pour être militaire, solution de facilité, mais le milieu ne m'étais pas totalement inconnu. Et puis de toute manière, un BAC général ne permet pas beaucoup d'ambition professionnelle. J'ai été reçu en école de sous-officiers.

- 1996, fin de ma formation initiale : engin amphibie. Si par la suite j'ai acquis les compétences équivalentes aux plus gros bateaux fluviaux, cela ne m'a jamais donné les permis qui vont avec. Dommage.

- 1997-1998, au cours de cette saison, j'ai intégré une petite troupe de théâtre amateur. Une seule saison, car la disponibilité demandée par l'armée ne me laisse pas de temps suffisant pour continuer. Ça a été l'occasion de grandes amitiés, estompées par la suite à cause de mon départ, mais dont j'ai toujours la trace, heureusement.

- 1999, je m'inscris à un stage de découverte du parachutisme sportif. La méthode de sauts successifs en ouverture auto ne me convient pas. J'ai fait mes 10 sauts du forfait et n'ai jamais recommencé.

- 2000, mon métier me permet de passer 4 mois à La Réunion. J'ai adoré ce petit séjour, cette petite île où toutes sortes de paysages sont accessibles en moins d'une heure de voiture. Je passais mes moments de repos à St-Gilles avec quelques collègues. J'ai découvert cette année le groupe de métal NightWish, dont je suis immédiatement tombé amoureux.

- 2001, Rien de notable.

- 2002, à l'automne, je suis en stage à Angers. Je profite de la salle informatique pour passer mes soirées sur un salon de discussion Internet où je croise tous les jours une gamine de 10ans ma cadette, mais avec laquelle j'ai un très bon feeling. Elle s'appelle Julie. Ça fait du bien de discuter sérieusement de conneries et de délirer sur les choses graves. On cause, on flirte. On se croise une fois en vrai, puis la seconde fois, on prend le temps de discuter un peu. On se quitte comme des cons sans même avoir osé s'embrasser, pour ne nous retrouver qu'après 31 mois de relation à distance.

- 2003-2005, je passe deux années à l'autre bout du monde. Le chef y est tellement con que je demande à rentrer au bout de la première année. Refus de la hiérarchie, mais je change de service. Je tombe alors avec un supérieur que tout le monde considère comme une peau de vache : un des meilleurs chefs que j'ai jamais eu !

- 2005, je passe 10 jours en Nouvelle Zélande avec mon club de sport. 10 jours de courses et tourisme dans le plus agréable pays dans lequel j'ai mis les pieds. Je me suis promis d'y retourner un jour, mais je n'ai jamais planifié de date pour ça.

- 2005 toujours, je rentre en France métropolitaine, dans la ville même de cette gamine qui m'a attendu. On se retrouve et on ne se quitte plus.

- 2006, on s'installe dans notre premier appart.

- 2007, on se marie.

- 2008-2009, on s'aime. Un tout petit bébé décide qu'après 15 jours dans l'utérus il n'est pas assez bien parti et s'en va rejoindre les anges.

- 2010, un nouveau chef à la caserne me donne la nausée : je quitte l'armée et emmène Julie à plus d'une heure de route de sa ville, qu'elle quitte pour la première fois aussi longtemps.

- 2010, tandis que le processus de reconversion me permet de suivre une formation d'électricien, Julie engage une formation de bébé. Celui-ci se sent bien dans cet utérus tout équipé.

- 2011, nous sommes parents !

- 2011-2013, après mon CAP et quelques mois d'intérim, je reprends une formation pour préparer un BTS en électrotechnique. Formation en alternance, donc à moitié bien faite. Si l'entreprise ne m'apporte rien d'utile, mes profs en formation académique sont au top et me permettent d'obtenir la meilleure note de mon académie (16,72, avec 14 en français !). Pour ces deux années, j'éloigne encore Julie de sa région, à 600km cette fois. J'en pleure à sa place de lui faire quitter une si grande partie de sa vie.

- 2014, je ne suis pas resté dans l'entreprise qui s'est foutue de la gueule de ses alternants. Je passe 9 mois de chômage à me voir refuser des postes pour manque d'expérience (Merci l'alternance foireuse !), mais une de mes candidatures est retenue. Je passe plein de tests et d'entretien puis je suis embauché comme technicien supérieur de maintenance en sous-stations pour la SNCF.

En clair : 
- 2015, si je réussi la formation interne pour adapter mes compétences au domaine spécifique de la Haute Tension et de la Traction Electrique Ferroviaire, je serai de ceux qui se démènent pour qu'il y ait toujours de l'électricité dans les caténaires (tant que ça ne met personne ni rien en danger, bien entendu).

- 2015, encore une fois, j'impose un déménagement à ma famille. Lassée par le manque de considération dans son boulot, Julie décide, pour me suivre, de prendre un congé parental.


20ans après le BAC, je vais entamer pour 2015 une seconde carrière professionnelle. Les premières années ne seront pas simples, du fait d'un contexte particulier dans le service qui va m'accueillir, mais aussi d'une formation interne très rapide et très incomplète, couplée à un processus d'intégration peu pragmatique. Je vais arriver responsable d'une équipe de cheminots en place depuis plus de 15 ans. J'aurai au moins aimé apprendre le boulot avec l'équipe qui me sera confiée, afin qu'on apprenne à se connaitre professionnellement, qu'on apprenne à travailler ensemble, qu'ils m'apprennent les subtilités de l'équipe et que je leur montre ma volonté de maitriser les choses, mais ce n'est même pas le cas. Ils connaissent le boulot parfaitement et l'un d'eux aurait du prendre le poste qui m'a été donné. Les circonstances et les humeurs de part et d'autre ont fait que la hiérarchie leur a refusé cette promotion. Que cela se déroule bien ou pas pour moi (je comprendrais parfaitement que le ressentiment de l'équipe pèse sur moi), je crains que cela ne se passe pas bien du tout pour l'équipe en général. Les chefs gagnent toujours, et puisqu'ils ont décidé d'emmerder l'équipe, ils le feront. Je pense qu'ils sont bien partis pour y arriver. Qu'ils le fassent exprès ou pas, tout se déroule comme s'ils voulaient que ça ne se passe pas bien.

Envoyez-moi vos bons vœux, je vais peut-être en avoir besoin.


lundi 29 juillet 2013

Je ne dois rien à l'entreprise.

Vous, Monsieur mon patron (sur la papier tout du moins) de cette petite PME d'un grand groupe qui ne sais pas qui est cette entreprise, je ne vous dois rien.

Vous ne m'avez apporté que le strict minimum là où vous aviez la possibilité et le pouvoir de me fournir des moyens à la hauteur du travail que je suis capable de fournir.

Il y a deux ans, vous m'avez assuré qu'il n'y avait aucun problème pour former des BTS dans votre entreprise. Vous m'avez assuré que je pourrais passer du temps dans le bureau d'étude pour y apprendre les outils et procédures utilisés par le technicien supérieur que je devais devenir à l'issue d'un contrat de professionnalisation. Vous m'aviez alors délibérément menti. Vous saviez déjà que jamais je ne mettrais les pieds au bureau d'étude de votre entreprise. Vous aviez déjà votre argument : l'intitulé du poste inscrit sur le contrat de professionnalisation. Monteur-câbleur aura été mon métier pendant les deux années durant lesquelles j'aurais du apprendre à être un technicien supérieur. Vous saviez parfaitement ce que vous faisiez. Vous saviez parfaitement que vous restiez dans le flou que permet ce contrat d'alternance : vous m'avez fourni un métier en rapport avec le diplôme et une formation. Le rapport est l'électricité, bien que je n'ai rien appris de plus dans votre atelier que ce que je savais déjà faire depuis mon CAP, et vous ne m'avez jamais empêché de me rendre aux cours de mon centre de formation, et c'est là votre manière de me former. Vous même, que ce soit à titre personnel ou par délégation auprès d'un de vos techniciens ou encore dans une équipe supervisée par un de vos ingénieurs, vous ne m'avez rien appris.

Après deux années d'alternance pour préparer un BTS Électrotechnique, je ne sais toujours pas comment s'organise une équipe autour d'un projet. Je ne sais pas comment se répartissent les sous-études, je n'ai réalisé pour vous aucun dimensionnement (en dehors de mon seul pitoyable projet d'examen), je n'ai jamais eu l'occasion de réaliser un schéma sur logiciel, vous ne m'avez jamais envoyé sur un chantier, même pas comme exécutant, où j'aurais pu apprendre par l'observation et l'exemple de techniciens expérimentés.

Après deux années de contrat de professionnalisation, par votre arnaque, par vos mensonges, je ne me sens pas professionnel. Je ne suis qu'un débutant parmi d'autres jeunes diplômés qui sont sortis du cursus direct d'un lycée.

Pendant deux ans, tout ce qui vous a intéressé, c'est un ouvrier qui bosse aussi bien que les autres, mais qui ne vous coûte qu'un smic et vous apporte plein d'avantages divers. Vous vous permettez la même arnaque en acceptant des stagiaires et en les faisant câbler vos armoires alors qu'ils sont dans une filière électronique, et non électrotechnique. J'ai peur pour les prochains alternants, qui vous font confiance pour les aider à réussir leur BAC Pro ELEEC. Je sais déjà que vous ne leur donnerez aucune responsabilité et qu'ils ne verront rien d'autre que votre atelier.

Il y a deux ans, vous m'aviez dit que prendre des alternants en BTS était un investissement. Vous vous êtes trompé de mot ce jour-là, vous vouliez sans doute dire que c'était une économie. Vous avez aussi sans doute eu le même discours avec mon autre camarade alternant.

Si vous aviez voulu investir dans des techniciens supérieurs, vous vous seriez intéressé à eux. En deux ans, ni vous ni aucun de vos manager ne m'a jamais demandé si "ça se passait bien". Si vous aviez voulu investir dans des techniciens supérieurs, vous vous seriez intéressé à ce qu'ils apprenaient, et s'ils le faisaient bien. Si vous aviez voulu investir dans des techniciens supérieurs, vous leurs auriez appris leur futur métier et les méthodes-maison de votre entreprise et du groupe industriel auquel elle appartient. Si vous aviez voulu investir dans des techniciens supérieurs, vous les auriez mené au succès. Un de vos alternants a échoué. Donc vous avez échoué. Vous et votre entreprise n'avez pas les moyens de former des BTS. Pourtant, "il y a deux ans, vous m'avez assuré qu'il n'y avait aucun problème pour former des BTS dans votre entreprise."

J'ai obtenu mon diplôme, et même très bien obtenu. Ce n'est pas à vous que je le dois. Si vous étiez pour quelque chose dans ma réussite, vous auriez aussi mené mon camarade au diplôme.

Il y a deux ans, je me disais que si j'obtiens mon diplôme grâce à ce que j'aurais appris pendant mon alternance je rendrais ce qu'on m'a donné et demanderais à travailler pour votre entreprise. Mais voilà, vous ne m'avez rien appris. Donc je ne reste pas.

En début de seconde année de BTS, un de mes formateurs, face à mon désespoir de ne pas me voir confier des tâches utiles à l'apprentissage du métier pour lequel je préparais un diplôme m'a dit que "souvent les étudiants à qui on ne confie pas de boulot intéressant sont ceux qui ne le méritent pas". Je peux vous assurer qu'il est depuis revenu sur ses propos me concernant.

De 16/20 à 18/20, ma moyenne générale sur les quatre semestres de mon alternance a toujours été croissante. Physique Appliquée, Génie Électrique et Mathématiques montent jusqu'à 19,5, 18,5 et 20 de moyenne.

Il y a trois ans, je ne connaissais rien à l'électricité et débutais une formation pour obtenir un CAP. Je viens d'obtenir un BTS avec une note finale de presque 17/20, ce qui me place parmi les meilleurs de ma promotion.

Quel dommage que je sois tombé dans une entreprise si prestigieuse que mes résultats ne me rendent pas dignes d'être employé dans son bureau d'étude ! Pourtant, je peux vous assurer que j'aurais fait l'affaire, et quitte à me payer au smic, entre le salaire d'un câbleur en atelier et celui d'un technicien en BE, vous auriez été gagnant à m'y envoyer.

Monsieur mon patron, ni à vous, ni à votre entreprise, ni au groupe que vous représentez, je ne dois rien.

Je n'ai pas compté sur vous pour réussir, et je crois que j'ai bien fait.


mardi 9 avril 2013

Commentaire pour untibebe.com, le blog de TitEve (et Minipuce, etc...)

Cet article est une reflexion à la suite de ma lecture d'un autre article, sur le Blog de Titeve.
Vous pouvez lire l'article de TitEve ici : "je suis une autre"




Je ne dirais pas personnellement que je n'ai jamais su qui j'étais. Tout du moins, je ne formulerais pas ainsi mes questions existentielles.

Me concernant, je ne me suis jamais demandé qui je suis, mais il m'est arrivé des prises de consciences perturbantes sur mon propre compte. La découverte de certaines facettes de ma personnalité ou de mon comportement dont je ne me croyais pas détenteur ou capable. J'avais en tête une idée de moi qui, sans être pour autant fausse, était bien trop en accord avec ma faible expérience de la vie. Pour la simple raison que je n'avais encore jamais été que dans des situations pour lesquelles mes choix n'avaient de conséquences que sur moi même. C'était le temps du célibat et je n'avais de comptes à rendre à personne, alors forcément, mes décisions étaient toutes approuvées par moi et ne me paraissaient en aucun cas irresponsables, impensables, stupides ou quoi que ce soit de malsain. Avec la vie à deux, j'ai vécu des situations pour lesquelles mes actes ne concernaient plus que moi et mettaient d'autres vie en jeu. Il m'a fallu plusieurs rappels à l'ordre de la part de Julie pour enfin comprendre que je ne devais plus vivre pour la seule réalisation de mes désirs, mais que j''étais maintenant co-responsable d'une famille et que je devais assumer ma fonction de mari et de père. Donc, prise de conscience, mais elle n'entraîne pas la question de savoir qui je suis, mais plutôt :
Qu'est-ce que je veux faire de ma vie ?
Je crois qu'il arrive très régulièrement dans une vie de se poser cette question. Bien sûr, on cherche tous à accorder la vie qu'on mène avec nos désirs profonds et vivre ainsi parfaitement heureux sur tous les points. Malheureusement, ce n'est le cas que pour un nombre très restreint de personnes, qui en général sont parvenues à gagner de quoi vivre avec leur passion, leur vraie passion, celle dont elles ont réussi à faire leur métier. Car il faut bien le reconnaître, le premier soucis d'une personne est d'obtenir l'argent nécessaire au paiement du loyer, de la nourriture, des fringues et des factures qui vont avec.

Avant la famille, avant les vacances, avant le boulot, la première nécessité dans notre pays est d'avoir un salaire ! Alors pour s'assurer un toit, puis pour s'assurer une vie à deux, puis pour assurer un toit, à manger, des habits et quelques jouets à nos enfants, on nous demande toute notre vie ce qu'on veut faire comme métier. On nous le demande dès qu'on entre en maternelle, pour rigoler, puis en fin de primaire, histoire de nous rappeler qu'il faut déjà se renseigner. Puis bien sûr, on nous le redemande en pleine adolescence, pour choisir sa filière de BAC... et souvent on sait pas, et on prend un truc parce qu'on y a de bonnes notes, puis on continue, parfois, parce que le BAC seul n'intéresse pas les patrons. Et ainsi on finit à 22, 23 ou 25 ans avec un beau diplôme et avec de la chance un métier d'un truc qu'on a choisi à 15 ans, quand on rêvait plus à un prince ou une princesse plutôt qu'au métier qui permettra d'assurer le confort de nos enfants. Et ce métier, on le garde, parce que c'est trop dur de refaire des études. Le cerveau n'a plus forcément envie, mais surtout, une nouvelle formation, ça coute cher quand on n'est plus lycéen.
Alors à 30 ans, on se redemande ce qu'on veut vraiment. Est-ce qu'on est heureux ? Question difficile. On serait tenté de répondre naturellement un petit "Oui, bien sûr que je suis heureux", mais en hésitant quand même un peu, comme Guy Montag hésite quand Clarisse lui demande dans le film "Farenheit 451". On répond tous ça, parce que globalement, notre vie n'est pas si mal, on a un métier (pas forcément choisi, oui, mais dans lequel on est compétent), une jolie famille et des enfants adorables, mais surtout, parce qu'on est des humains et qu'il est très difficile de s'avouer tout les petits à-cotés qui se sont imposés à nous.

Et quand on a une possibilité de changer, il faut encore hésiter. On saute sur l'occasion pour trouver mieux ou on refuse en se disant qu'on va louper une autre occasion qui elle, emmènera au truc rêvé depuis toujours ?

Si je pouvais choisir vraiment mes activités, elles n'auraient rien à voir avec mon métier. Je ne suis pas mon métier. Ce que je fais dans la vie, en quoi ça va aider à me définir ? ça va m'aider à me placer "meilleur que ceux qui gagnent moins" ? Par contre, ce que j'aime dans la vie, ça aide à me comprendre. Si je n'avais pas besoin du salaire que m'apporte mon métier, je ferais un peu plus de sport, j'irais faire des courses dans des endroits où je n'ai encore jamais couru, à l'autre bout du monde peut-être, j'aiderais encore plus aux organisations, je rejoindrais une troupe de théâtre, je prendrais des cours de chant, j'apprendrais à piloter un hélico, un bus, je passerais plein de CAP pour apprendre à faire plein de trucs utiles au quotidien.


La question n'est pas de savoir qui tu es ou pas, TitEve, mais de savoir si tu veux changer de vie, même un tout petit peu. J'espère que tu en auras l'opportunité. Ne la laisse pas passer. J'ai eu moi-même la chance de pouvoir quitter mon ancien métier pour en apprendre un autre. Depuis, je sais que je peux être tous les soirs à la maison à peu près à la même heure, je peux prévoir mes week-ends et m'engager auprès de mon club alors qu'avant je ne planifiais rien, ne sachant si je serais libre ou non, et je ne faisais rien de ma vie privée, pas d'aide bénévole, car j'avais déjà du trop décommander et mettre des gens dans la m....

Est-ce que ma vie maintenant est meilleure que celle d'avant ? Oui sans aucun doute. Est-elle ma vie parfaite rêvée ? Non, bien sûr. Mais les rêves ne sont pas tous faits pour être réalisés. Et puis, j'ai aussi mes décisions. J'ai décidé de fonder une famille, ce n'est pas pour recommencer à ne penser qu'à moi. En quittant mon ancien métier, j'ai quand même un peu imposé à Julie de me suivre dans ma formation, de quitter sa région natale, sa famille et ses amies. Mais en gardant mon ancien métier, j'aurais tout autant été muté un jour, mais sans choisir notre lieu d'habitation et sans être sûr de rentrer à l'heure le soir, voire parti plusieurs jours ou mois sans même être simplement sûr de rentrer vivant.
Ma vie n'est pas parfaite, mais elle est de mieux en mieux.


N'hésite pas à changer ce qui te fait du mal. ça peut prendre du temps (mon changement de boulot a commencé en 2008, mais j'avais déjà l'idée dès 2000, les circonstances n'étaient pas favorables), mais au final, quand tu sais ce que tu dois changer et que tu choisi ce qui sera après, tu y gagnes.

jeudi 17 janvier 2013

Péter un câble. Une histoire d'écureuil.


J'envisage tous les jours depuis plusieurs mois déjà de mettre fin à ma formation avant de péter un câble, avant de gueuler une fois de plus sur mon fils. Avant de commencer à gueuler sur sa mère pour savoir qui va sortir le chien, avant d'en frapper un de fatigue et colère accumulées. Avant d'éclater la gueule à un connard qui veut encore m'expliquer comment on fixe un disjoncteur dans une armoire électrique. CE N'EST PAS LE BOULOT QUE JE VEUX FAIRE ! J'en ai fait le tour du montage/câblage, et j'en ai ma claque d'attendre qu'on me montre enfin comment fonctionne un bureau d'étude !

Au cas où je tiendrait malgré tout jusqu'à la fin du contrat (j'ai planifié mes congés afin de ne jamais passer plus de 2 semaines d'affilé dans la boîte qui se fout de ma gueule), je vais me présenter à mes épreuves orales, mais sans effort, je m'en balance et ne compte que sur les épreuves écrites où je me démerde bien pour avoir des points (il me suffirait d'un 14 de moyenne sur ces épreuves pour compenser), parce que là je m'amuse et surtout, on a un dossier à étudier. Si le jury est assez con pour me trouver convaincant dans mon rôle de "technicien qui présente les études techniques qu'il a faites" (censé me concernant) et me donne au moins 5 points aux oraux, j'ai peut-être une chance d'avoir mon diplôme. Même avec un 9,9 je l'aurais, j'ai des excellents bulletins et une moyenne à plus de 17/20 depuis un an et demi, alors ça passera. J'espérai il y a encore 6 mois un diplôme avec mention, des habilitations électriques à jour et un peu d'expérience en technicien de bureau d'étude, mais je sais que je n'aurais rien de tout cela cet été et ce sera en fait 3 trous dans mon futur CV et autant de désavantages face aux autres postulants devant un recruteur.

J'ai toujours fait mon boulot, très bien fait même, je me suis hissé à un niveau pas trop mal pour un ancien militaire qui ne connaissait rien à l'électricité il y a trois ans à peine et qui n'avait qu'un CAP dans le domaine avant de débuter son BTS. Mais apparemment je ne suis pas assez prometteur et ne suis bon qu'à rester ouvrier en atelier.

Ma boîte doit vraiment être au top pour qu'elle ne juge pas intéressant de placer un étudiant qui a 17/20 à un poste pour lequel elle est censé le former : technicien supérieur en électrotechnique. Après un an et demi de "formation", je ne sais toujours pas comment un bureau d'étude interprète une demande client, j'ignore tout de la manière dont une équipe distribue les tâches entre les techniciens, je n'ai aucune idée du moindre logiciel d'aide à la conception de systèmes électriques. Depuis un an et demi, je n'ai toujours rien appris d'utile qui me permette de me sentir devenir un professionnel. Un comble pour un contrat "de professionnalisation".

Au cours de ma première année, ça se passait tellement bien et j'assimilais si facilement les nouvelles notions que je me suis renseigné pour poursuivre par une licence pro. Bac +3 allez ! Et puis je me suis dit que le licence serait plutôt limitative. J'ai espéré trouver un CDI pour au moins 3 ans et intégrer une école d'ingénieur. à cause de ma boite qui m'a complètement démotivé, j'envisage maintenant d'arrêter mon BTS. Je suis à deux doigts d'aller chercher un CDI, seul statut de contrat qui me permettrait de démissionner. A deux doigts !

J'ai titré péter un câble parce que je ne supporte plus personne et que je viens de pleurer dans les bras de mon fils en m'excusant de l'avoir engueulé.
J'ai titré péter un câble parce que je me rapproche dangereusement de la dépression. Je le sais parce que j'ai versé des larmes 2 fois aujourd'hui. Une fois ce soir parce que j'ai fait pleuré mon fils, mais aussi une fois ce matin sur la route du boulot.

Ce matin, j'ai chialé un voyant un écureuil, un pauvre écureuil complètement paniqué parce qu'il ne savait pas quoi faire de son copain qui sautait avec lui deux secondes auparavant et qui restait maintenant allongé en silence et parcouru de spasmes sur une route de campagne.